Un havre de verdure au cœur du centre historique
L’Hortus Botanicus dans le centre historique de Leyde aux Pays-Bas est l’un des plus anciens d’Europe (1590 ; le plus vieux fut créé à Padoue, en Italie, en 1545).
Il a été créé par l’Université de Leyde, l’une des plus anciennes universités des Pays-Bas. À l’origine, il servait de jardin médicinal pour les étudiants en médecine, leur permettant d’étudier les plantes et leurs propriétés curatives. Au fil des siècles, le jardin s’est agrandi et diversifié, devenant un centre de recherche botanique de renommée mondiale.
Les différents espaces, tels que le jardin japonais, la roseraie, le jardin de fougères, le jardin systématique, le jardin de plantes aromatiques chinoises et, depuis 2024, un jardin méditerranéen ainsi que des serres, invitent le visiteur à découvrir la diversité et l’histoire du lieu.
Sur le site du jardin botanique on trouve une carte interactive très bien faite qui permet de trouver chaque plante et obtenir des informations supplémentaires.
C’est Charles de l’Écluse, également connu sous le nom de Carolus Clusius, un botaniste et médecin flamand qui a joué un rôle crucial dans la création du Jardin botanique de Leyde.
De l’Écluse a été nommé premier directeur du jardin et a supervisé son développement initial. Sous sa direction, le jardin est devenu un centre important pour l’étude et la culture des plantes, contribuant ainsi à l’avancement de la botanique en Europe.
Charles de l’Écluse a également cultivé des tulipes dans le Jardin botanique de Leyde, ce qui a contribué à la popularisation de cette fleur en Europe et a conduit à la « tulipomanie » au XVIIe siècle.
L’histoire de l’Hortus botanicus est toujours vivante, car on peut encore y admirer aujourd’hui des arbres et des plantes qui y ont peuplé le jardin pendant des siècles. Le tulipier de Virginie (Liriodendron tulipifera), planté à l’entrée de l’Hortus, a été semé en 1716. Le Ginkgo biloba a été planté près des Serres tropicale en 1785. Le Cytise à grappes à l’entrée (Laburnum anagyroides) aurait été planté en 1601 et serait donc l’arbre le plus ancien du jardin botanique de Leyde ; cependant, il date probablement de la première moitié du XVIIIe siècle.
On peut aussi voir la réplique d’une ruche qui était présente dans le jardin botanique vers 1595. En fait, le premier directeur élevait déjà des abeilles dans le jardin botanique.
Visite guidée
Le visiteur accède au jardin par une voûte située à côté du cloître, qui a été transformé en université en 1581. La cour, avec le jardin de Clusius reconstitué tel qu’il était en 1594 grâce à un plan et une liste de plantes de l’époque, constitue la partie la plus ancienne du jardin botanique. Ce jardin, de style typiquement Renaissance, est divisé en quatre carrés, avec des portes et des haies de hêtres qui mettent en valeur son caractère unique.
La serre de l’entrée, le jardin d’hiver, a été construite en 1999. Le bâtiment de 13 mètres d’hauteur, a été spécialement conçu pour abriter une collection de plantes succulentes et de cactus provenant des régions arides du monde entier. On peut également y trouver une collection incroyablement rare de plantes carnivores !
Dans le jardin d’hiver, vous découvrirez également des groupes de plantes au parcours évolutif inhabituel. Ce sont de véritables fossiles vivants comme les araucarias, les cycas, les ginkgos et les fougères.
En longeant l’orangerie construite en 1744 – 1745 on arrive devant les serres. Dans la première moitié du XIXe siècle, une série de petites serres ont été construites ici. La maison des orchidées a été construite en 1861, la nouvelle serre Victoria a suivi en 1871 ; une maison des fougères arborescentes a suivi en 1877, puis en 1878 une maison des palmiers a été construite. Toutes ces serres individuelles ont été remplacées plus tard par un seul complexe de serres tropicales, achevé en 1938.
Dans les serres ont trouve principalement des espèces asiatiques pour une raison historique : L’Hortus Botanicus de Leyde a depuis toujours un lien avec le jardin botanique de Bogore, Indonésie.
Saviez-vous : Les fleurs de jade (Strongylodon macrobotrys) sont pollinisées dans leur habitat naturel par les chauves-souris, qui se suspendent la tête en bas aux grappes pour boire le nectar. Leur couleur bleue particulière les rend très visibles au clair de lune.
Le nénuphar géant (Victoria amazonica) fleurit mieux dans une piscine chauffée. Cultivé à partir de graines chaque année, il est donc la plus grande plante annuelle de la collection.
En sortant des serres on passe devant la roseraie et le jardin des bulbes et on arrive au jardin japonais. Il fut à l’occasion des 400 ans d’existence du jardin Hortus Botanicus en 1990 d’après le concept de l’architecte paysagiste japonais Nakamura, en hommage à Philipp Franz von Siebold (1796-1866). Von Siebold étudia la flore, la faune et la vie quotidienne du Japon. Grâce à lui, de nombreuses plantes vivantes trouvèrent leur place au jardin botanique de Leyde.
Le jardin reflète le désir de Von Siebold de rapprocher l’Orient et l’Occident. L’espace abrite un des deux grands ormes japonais, âgés de plus de 170 ans. Ils ont été introduits aux Pays-Bas par Von Siebold en 1830 et sont les plus anciens en dehors du Japon.
La visite continue dans le jardin chinois. Ila été créé en 2015 pour marquer le 425e anniversaire de l’Hortus botanicus. Les parterres de fleurs de la partie centrale abritent principalement quelques-unes des plantes utilisées dans la médecine traditionnelle chinoise.
Le jardin de fougères abrite une collection de diverses plantes en provenance d’Europe, d’Amérique du nord et d’Asie. Il a été inauguré le 3 septembre 1993. Mais avant cela, l’Hortus possédait déjà diverses espèces de fougères dans sa collection. Au XIXe siècle, les fougères ont connu un succès croissant, notamment en Angleterre. On les déterrait dans la nature pour les vendre comme plantes ornementales. Le Jardin de Fougères possède même un spécimen de Polystichum setiferum, vendu 500 livres à l’époque, soit le prix d’une luxueuse villa en plein cœur de Londres !
La partie ouest du jardin botanique, autour de l’Observatoire, est la plus récente. Cette zone qui avait été confisquée en 1858, a été restituée à l’Hortus en 2011. Le site abrite six biotopes de plantes asiatiques, ainsi que plusieurs biotopes néerlandais : forêt, marais, dunes, et la flore calaminaire, exclusive au sud de la province de Limbourg aux Pays-Bas. La section la plus récente, inaugurée en 2024, est le jardin méditerranéen.
Pour retourner vers l’entrée on passe devant le jardin systématique (voir photo principale). Il a été créé sous cette forme en 2005, en s’appuyant sur les connaissances scientifiques les plus récentes en systématique végétale. Les scientifiques acquièrent constamment de nouvelles connaissances sur les relations entre les espèces végétales. C’est pourquoi la plantation des 32 massifs a été adapté en 2017. En parcourant les massifs rectangulaires, on découvre l’évolution des plantes.

















